Archive for février, 2013

Beauregard années 1930…comment on se chauffait?

dimanche, février 24th, 2013

histoire de poêles

Chauffage et cuisson des aliments ne faisaient qu’un; le poêle restait allumé presque toute l’année, sauf en cas d’extrême chaleur où on le laissait éteindre après le repas de midi…la soupe était alors remplacée par une assiette de lait et quelque relief de repas froid.
La cuisinière n’arriva qu’en 1934… des souvenirs: son magnifique émail « mauve soutenu », mon père qui se réchauffait les pieds sur la porte du four rabattue, les fers à repasser toujours prêts sur la plaque, aussi bien pour le linge que pour tiédir le lit, et puis mon culbuto en celluloïd posé imprudemment devant le foyer et volatilisé aussitôt! Sur le dessin, elle est en position été, le tuyau montant directement dans la cheminée; en hiver, pour gagner de la chaleur, on la sortait de deux mètres dans la pièce et le tuyau, allongé et muni d’un coude, rentrait par le trou circulaire qui devrait être caché par un calendrier des postes.
Avant, on avait connu le poêle à quatre feux, en fonte noire, les orifices étant fermés par un système de rondelles que l’on utilisait selon la taille de la marmite…on retirait le tout pour griller les harengs salés à même la braise. Il n’en restait pas de trace à la ferme, mais je me rappelle parfaitement celui de la grand-mère « Nette »; elle avait acquis le modèle émaillé, avec four, fontaine d’eau chaude et barres latérales pour sécher les torchons.
Par contre on avait conservé le « poêle à deux marmites » qui restait dans la « cour de derrière » et qu’on utilisait encore pour chauffer la lessiveuse. Braize n’avait pas l’exclusivité de cette expression; on retrouve sur des sites de vente en ligne le recueil de contes « Autour du poêle à deux marmites » de M.G.Blanchard, poète nivernais.
Dans la même cour, il y avait aussi le « potager » à deux feux, alimenté au charbon de bois et qui était, paraît-il, placé dans l’embrasure de la fenêtre à la belle saison (un barbecue intérieur en quelque sorte…on ne parlait pas encore de monoxyde de carbone, je me souviens seulement de la bougie qui devait permettre de détecter la présence de gaz carbonique dans les caves lors de la fermentation du raisin!).
Pour être complet, il y avait aussi le mirus, mais il fallait une couche de neige épaisse et tenace, ou un gel accentué durable pour qu’on se décide à l’allumer dans la grande chambre…ça commençait par un enfumage copieux qui exaspérait grand-mère, et la pièce devait bien faire ses 120 mètres cubes, on n’avait pas de thermomètre pour vérifier les performances!
Le feu de cheminée n’était qu’un souvenir; restaient dans le tas de ferraille de ladite cour deux énormes chenets, des crémaillères de même taille et divers chaudrons : un trésor de brocante disparu qu’on jugeait alors sans valeur ajoutée possible!

Pour alimenter tout ça, le bois prélevé lors de la taille des « bouchures », surtout les branches des chênes « têtards » (on disait têteaux); le bail précisait bien que le fermier n’avait pas le droit d’abattre les arbres sans l’autorisation du propriétaire. On trouvait donc, encore dans la même cour, un stock de perches plus ou moins grosses, un énorme tas de fagots et un hangar à bois où on abritait les bûches sciées et fendues, avec la chèvre, le billot, la scie, la hache, la serpe…et un tas de riens inutiles!

1693…un Baptême en l’église de Braise.

dimanche, février 17th, 2013

1693 baptême à Braise

Cet acte de baptême nous inspire trois réflexions:
– Le moulin de la leû existe déjà à cette époque, comme en atteste la présence du parrain, M Louis Villepreux, meusnier à la leû . Un siècle plus tard, la carte de Cassini mentionne le Moulin de Laleu, avec ceux de La Pacodière, de Pouvereux, Duri…

– le moulin de la leû, c’est le moulin de la louve…la forêt s’étendait alors beaucoup plus vers le nord et cette orthographe n’a rien de très étonnant…plus vraisemblablement, Laleu ou Laloeuf désignait un fief exempt de redevances ( « les francs alleux »)

– D’après la chronique, en 1615, après les guerres de religion, la chapelle n’était plus qu’une « vieille mazure dont il ne reste que quatre murs et où les habitants de La Bruyère et de Braise se rendent en procession les jours de Rogation…il faudra attendre 1867 pour qu’elle soit relevée de ses ruines et restaurée par le seul concours unanime des habitants »…Cependant, les archives de la commune mises en ligne sur le site du Conseil Général de l’Allier présentent des actes de baptêmes, mariages et décès régulièrement effectués depuis 1669 dans cette église …nous en avons un exemple ci-dessus…qu’en serait-il alors de « la mazure et de ses quatre murs?

De la grange à l’étable…

dimanche, février 10th, 2013

Pour se souvenir, encore…la vue des engins motorisés utilisés pour distribuer la nourriture dans les étables modernes vient nous rappeler les interminables séances de pansage à la ferme de Beauregard, dans les années 1930; ne pas oublier, non plus, qu’en hiver, toutes les bêtes étaient rentrées à l’écurie.
Petite explication de notre illustration:« Dans les grosses fermes bourbonnaises, la grange-étable était séparée de la maison d’habitation. Elle était divisée en travées perpendiculaires aux murs longitudinaux, celle de la grange ayant une largeur qui permettait le passage d’une carriole de foin ; on aménageait plusieurs travées d’étables correspondant chacune à une spécialisation (vaches, génisses…etc). des communications internes permettaient le passage entre elles, l’alimentation des bovins s’effectuait partiellement par des fenêtres occultables percées dans les murs séparant étables et grange. Au-dessus de l’ensemble, le fenil offrait un important volume de stockage pour le fourrage… ». Ce texte- pardon d’en avoir oublié l’auteur- décrit bien la disposition de la grange-étable de Beauregard; le foin descendu du fenil (du chafaud) était distribué dans les râteliers par l’intermédiaire des lucarnes, sans avoir à circuler entre les bêtes. Au plus fort de la récolte, la travée de la grange était même en partie recouverte de fourrage grâce à une sorte de plancher amovible.Pour être exact, les jolis volets coulissants de nos lucarnes avaient été remplacés par des panneaux pivotants moins authentiques, à la suite de l’incendie des bâtiments par la foudre.
NB: Le pansage comprenait la nourriture, mais également le nettoyage, et ce, matin et soir (en général de 5 heures du matin à la soupe de 9 heures). Il fallait retirer le fumier sur la travée centrale, le rouler à la brouette vers la « plote », ramener de la paille propre et refaire les litières, descendre le foin, le distribuer, râper (nettoyer) les betteraves, les hacher au coupe-racines les porter dans les auges des bêtes à soigner particulièrement, faire sortir le troupeau vers l’abreuvoir alimenté au seau tiré du puits…il y avait aussi les 3 chevaux, les porcs, les poules, sans oublier chats et chien!