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Braize et ses Lieux Dits

mercredi, octobre 30th, 2013

église de Braize - 1970C’est plus un jeu qu’une recherche approfondie, avec toutefois quelques emprunts à M.Piboule (Mémoire des Communes bourbonnaises) et M.Bonin (Noms de lieux en Bourbonnais). Vous pouvez contribuer…et Corriger !
BRAIZE pour commencer, bien sûr…L’origine du nom de la commune a fait l’objet de diverses interprétations, fondées sur la topographie des lieux (ancien français brai = boue, marécage) ou sur l’étymologie (brûlis, de l’ancien français brésil = un défrichement par le feu)…sur le légendaire également : le village aurait été reconstruit sur les ruines d’une cité dévastée par un incendie. La première proposition paraît assez justifiée, de par la situation de l’ancien village ; on retrouve d’ailleurs ce toponyme « Les Braizes » en Bourbonnais, à Monestier, il est également fréquent en Bretagne et Normandie, renvoyant à des cours d’eau ou des hameaux, avec toujours ce sens probable de lieu marécageux.
Et puis Baignereau, notre site ; ce n’est pas le suffixe eau qui nous vaut nos terrains humides, mais la racine (balneum = baignade) ; les registres paroissiaux en fournissent une remarquable variété orthographique, de Beignereau, Bègnereau à Baignereau, avec cette forme ancienne (et pédante) Bagnerault !
Pour rester dans la boue, passons aux Pâturaux ; d’après G.Sand « Le pâturail est un dernier vestige de la vie pastorale et nomade ; il n’existe que dans les parties centrales de la France. C’est un vaste enclos, abandonné de temps immémorial aux caprices de la nature et vierge de toute culture. Ce sont des terrains fermés de haies impénétrables et tout remplis de broussailles, avec une mare creusée et plantée dans un coin ; l’herbe n’y pousse ni belle, ni bonne. » On distinguait ces Pâturaux par le nom de leur propriétaire « les Pâturaux de Untel » ; ils couraient (lentement) de l’ancien taillis du Champ de Balais aux limites de la commune, en s’égouttant péniblement vers la rivière Sologne.
A une autre extrémité de la commune, Tizais, toponyme sans doute encore en rapport avec l’hydrologie du lieu (cf les sources de Thizon près de Montluçon). Près de là, La Croix Pétouillon, où serait enterré un meunier de mauvaise conduite à qui le curé de St Bonnet aurait refusé une sépulture chrétienne, est située au carrefour de deux chemins boueux (la pétouille = la patouille, la boue)…ce fut aussi le lieu où les « Meneux de loups » rassemblaient leur meute…autres temps ! A proximité, le Chemin des Muletiers et le Chemin des Bannes (les tombereaux) nous rappellent l’époque des convois qui transportaient le charbon de bois et le minerai de fer vers les Forges.
Redescendons dans la vallée pour trouver les Etangs Roux, l’Etang du Ris…plus difficile, même en s’amusant, celui de Pouveux (Povereux sur la Carte de Cassini)…osera-t-on « Pouveux-tu le croire ? » curieuse forme du verbe pouvoir ! La Martinière aurait pu être le domaine des Martin (des ancêtres ont bien traîné par là, mais plus tard) ; son étang alimentait un ancien moulin, autre moulin à La Leû, un autre près de Tizais, d’où notre Pas de la Mule qui devait être le Gué de la meule qui y conduisait.
Les Etablissements de Laloeuf, annexes des Forges de Tronçais et Morat ont laissé leur nom à La Pointerie près de laquelle les écoliers du début des années 1900 découvraient encore les pointes nécessaires à leurs travaux de bricolage et Laloeuf avait désigné un fief exempt de toutes taxes seigneuriales (cf les francs alleux)…
Au nord, La Goutte (gutta = source) pourrait indiquer la présence d’une source coulant goutte à goutte.
Plus poétiques, l’Hirondelle et son superbe panorama et Les Alouettes sablonneuses dominant la vallée vers le Cher ; à la sortie du village, La Cornille, variation de corneille ? Bucoliques, La Queudre (du latin corylus = le coudrier) aurait été un lieu planté de noisetiers, alors que Verneuil serait la clairière des aulnes (aulne ou vergne selon le lieu). Moins rutilant, Le Pré Doré n’aurait été que le pré de l’orée (orée de quel bois…ou limite de la paroisse ?).
Des faciles maintenant : Beauregard -les deux fermes chères à soljj… Les Champs de Balais ou champs de genets, défrichés par nos aïeux « chaveurs de balais »…La Chasserie, un terrain de chasse devenu vignoble connu, sinon réputé…dans le même registre, on a aussi Le VignotLes Gravières et ses anciennes vignes (on pourrait déguster un cru des Graves de Braize)…La Feuillée (le Feuillet sur d’anciennes cartes)…Puy Aigu (podium = lieu élevé)…Les Landes Blanches, éclaircies par les troupeaux bien avant les prélèvements de Nicolas Rambourg pour ses Forges de Tronçais…la planchette que l’on passait sur « la mesure » pour araser les grains de blé aurait-elle donné son nom aux terres cultivées Des Planchettes ? Ou, plus simple, le labour en planches ?
La Pacaudière, dérivé de pacage, le pré…Flambert et Les Gallerands pourraient être d’origine germanique, le second désignant les corbeaux et le premier un rapport avec quelque péril…Le Champ de la Chapelle, sur notre Allée des Templiers, de même que La Mimonerie (La Limonerie d’après M.Piboule)…La Verrerie où l’on peine à imaginer une industrie du verre qui n’aurait laissé aucune trace…La Rouesse, près de l’église fut un ancien taillis et ses labours découvraient régulièrement la trace noirâtre d’anciennes meules de charbon de bois.
D’après M.Piboule, également, le plateau des Saladins devait être un lieu de défense, entouré de ravins marécageux et de surveillance, tout comme celui de La Commanderie.
Et pour terminer sur des origines nobles, nos deux implantations monastiques : celle de La Commanderie du Temple de Braize, sur un tertre dominant la vallée marécageuse, la seconde, de l’Ordre des Hospitaliers donnera naissance au bourg actuel, La Bruyère de Braize, parfois orthographiée Bruère, ou Les Breures dans la paroisse voisine.
Une dernière énigme : M.Bonin cite le lieu dit Carrouge à Braize, avec le sens de carrefour, sans qu’on puisse le localiser…Des voisins de Baignereau ont relevé, sur un acte de vente, leur maison « sise au Carré Rouge », et nos grands parents maternels, originaires de Baignereau parlaient des « Carres Rouges »…le cadastre napoléonien de 1834 mentionne, lui, le Carrefour des Six Chemins, près de La Croix Bonnefonds (Bonnefont…encore et toujours de l’eau !)
Braize lieux dits (b)